À quelques jours du premier tour des municipales, la droite avignonnaise donne le spectacle d’une querelle de famille. Deux candidats, tous deux « sans étiquette », formule commode pour ne fâcher personne, mais clairement positionnés à droite : Stephan Fiori et Olivier Galzi. Résultat : attaques croisées, dialogue impossible et une campagne qui était plutôt respectueuse jusqu’ici entre les deux candidats, qui s’achève en règlement de comptes.
L’ambiance s’est encore tendue après une déclaration de Stephan Fiori lors du grand débat organisé par La Provence. Le candidat a assuré que, s’il se qualifiait pour le second tour, il se maintiendrait quoi qu’il arrive. Quitte donc à barrer la route à Olivier Galzi. Une position qui tombe alors que ce dernier est crédité de 27 % d’intentions de vote dans la dernière enquête d’opinion, ce qui en fait l’un des candidats les mieux placés à droite.
Michel Bissière choisit son camp
Dans ce climat déjà électrique, le conseiller municipal d’opposition et élu régional Michel Bissiere, ancien chef de file des Républicains aux municipales de 2020 mais aujourd’hui non encarté, a décidé d’apporter son soutien à Stephan Fiori, comme l’a rapporté la presse la semaine dernière.
Michel Bissiere justifie son choix en expliquant qu’Avignon doit être dirigée par « une personne qui connaît la ville, y vit, y travaille et s’y investit depuis longtemps ». Et de préciser qu’il refuse de confier la mairie « à quelqu’un qui n’y est pas véritablement ancré ». Après deux rencontres avec Stephan Fiori, il dit avoir été séduit par « son écoute, son humilité et sa constance ». Une appréciation qui, sans nommer Olivier Galzi, laisse assez peu de doute sur la cible.

Aubert et LR : silence radio
Pendant ce temps, du côté des Républicains, c’est le calme plat. À une semaine du scrutin, ni Julien Aubert, ancien candidat LR, ni le parti Les Républicains ne se sont officiellement positionnés en faveur d’un candidat dans cette élection municipale.
Un silence déjà relevé il y a un mois dans un article publié sur InfoAvignon intitulé « Municipales : le silence assourdissant de Julien Aubert et de LR ». L’article pointait alors l’absence totale de ligne claire du parti LR dans la campagne avignonnaise. Un vide politique qui laisse chacun se débrouiller et surtout s’affronter…
Des soutiens qui se dispersent
La division se lit aussi dans les soutiens. Si Michel Bissiere a choisi Stephan Fiori, d’autres figures de la droite locale ont affiché leur présence aux côtés d’Olivier Galzi.
Lors du dernier meeting de présentation de sa liste, le sénateur Les Républicains Jean-Baptiste Blanc et l’ancien sénateur Alain Dufaut étaient présents. Une présence remarquée qui illustre à elle seule la dispersion des soutiens à droite à quelques jours du scrutin.
L’épisode « Voix d’Avignon »
L’histoire devient encore plus ironique quand on regarde quelques mois en arrière. En juillet 2025, Michel Bissière s’engageait au sein du collectif « Voix d’Avignon », aux côtés notamment de Valérie Wagner et Christian Paly, aujourd’hui colistiers… d’Olivier Galzi.
Le collectif se présentait alors comme un rassemblement d’Avignonnaises et d’Avignonnais décidés à construire une ville « plus sûre, plus propre et plus dynamique », une ville « qui protège ses habitants et prépare l’avenir ». Depuis, chacun semble avoir choisi son propre chemin.
Fiori passe à l’offensive
Ces derniers jours, la querelle a franchi un nouveau cap. Dans une vidéo intitulée « 7 jours, 7 vidéos, 7 vérités », diffusée sur les réseaux sociaux, Stephan Fiori s’attaque frontalement à la composition de la liste d’Olivier Galzi.
Selon lui, le discours « sans étiquette » affiché par son concurrent ne résiste pas à l’examen des biographies de ses colistiers. Dans la vidéo, Fiori cite plusieurs noms des personnes concernées et rappelle leurs engagements politiques passés, parfois sur d’autres listes municipales à Avignon. Il affirme également qu’Olivier Galzi aurait bien négocié avec Renaissance afin d’obtenir le soutien du parti présidentiel.
Le candidat reproche à Olivier Galzi d’être « un sacré communicant », estimant que cette stratégie masque mal la réalité de son équipe et de sa démarche politique.
Cliquez sur l’image pour voir la vidéo :
Une droite qui joue contre elle-même
Au final, le spectacle est limpide : deux candidats issus de la même sensibilité politique, des soutiens qui se répartissent entre les deux et des attaques qui se multiplient.
Reste que Stephan Fiori revendique une cohérence entre son discours « sans étiquette », sa campagne sans soutien des partis politiques et une liste composée de colistiers non encartés. Certains observateurs estiment qu’il est aujourd’hui le seul candidat de droite susceptible de capter une partie de l’électorat socialiste déçu par le bilan municipal et par le candidat David Fournier.
Une chose est sûre : à droite, cette fin de campagne est particulièrement électrique.
Jamil Zéribi


