Au départ, il y avait le panache.
Le 3 septembre, dans La Provence, Olivier Galzi lançait sa campagne municipale avec une formule qui se voulait historique : « Avignon est une ville où il y a un manque de vision et d’ambition ». Le candidat sans étiquette, classé Divers droite par la préfecture, promettait alors de faire de la politique autrement, loin des partis, loin des combinaisons. Sa boussole : le bon sens.
Pendant des mois, Galzi et son équipe ont arpenté Avignon en mission quasi mystique. Quartiers, marchés, réunions publiques : partout les mêmes doléances, partout le même procès du bilan de la maire sortante Cécile Helle et de son équipe. Une campagne très terrain, avec beaucoup de communication aussi, avec un slogan martelé à chaque occasion : le bon sens.
La dynamique semblait porter le candidat. Salles remplies, réseaux sociaux actifs, audiences au rendez-vous et même un sondage le plaçant en tête au premier tour. De quoi nourrir une certaine assurance. Le 20 décembre, Olivier Galzi, un brin prétentieux, s’emballait avec cette formule : « La bataille des idées est gagnée, la victoire électorale suivra. »
Rien que ça.
Puis est arrivé le débat organisé par La Provence le 4 mars. Un Galzi plus nerveux, parfois méchant face à la contradiction, au point d’être gentiment remis en place par la candidate RN Anne-Sophie Rigault. Et surtout un autre grain de sable dans la mécanique : le candidat Divers droite Stephan Fiori, qui déclare lors de ce débat, être bien décidé à se maintenir au second tour quoi qu’il arrive.
Depuis, l’ambiance a légèrement changé dans l’équipe Galzi. Car un détail arithmétique s’est imposé : si la gauche s’unit au second tour et que la droite se disperse, l’affaire peut tourner court.
C’est alors qu’est apparue une vieille invention de la politique française : le vote utile. Discrètement d’abord, sur les réseaux sociaux et dans la presse locale. Puis franchement, à trois jours du scrutin, dans une lettre ouverte aux électeurs évoquant un « scrutin historique » et appelant clairement à voter stratégique, avec le fameux « vote utile ».
Ainsi se termine une campagne commencée au nom du « bon sens » et de la politique autrement : par un appel au mécanisme le plus classique des campagnes électorales, le calcul pour gagner. Fini les idéaux, l’enthousiasme citoyen et les discours enflammés.
Ironie de la séquence : après avoir dénoncé les logiques politiciennes, le candidat du bon sens en appelle désormais au vote utile. Au fond, quand l’enthousiasme ne suffit plus, il reste toujours la calculette électorale. Et, qui sait, elle pourrait bien lui offrir la mairie.
Comme quoi, dénoncer les calculs politiciens n’empêche pas d’en faire quand l’addition devient serrée…
Jamil Zéribi
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