Depuis le décès du militant d’extrême droite Quentin Deranque, le député LFI Raphaël Arnault se retrouve au cœur d’une controverse nationale. Responsabilité politique, accusations médiatiques et demandes nationales et locales de démission rythment désormais l’actualité, tandis que le débat s’est progressivement déplacé vers les équilibres politiques en vue des élections municipales à Avignon.
Dans ce climat tendu, plusieurs responsables locaux ont interrogé et dénoncé un possible rapprochement électoral entre la dynamique portée par Mathilde Louvain, à travers la liste « La Nouvelle Avignon Populaire », et la liste Ensemble et Solidaires menée par le socialiste David Fournier. La publication récente d’un article du magazine Marianne a encore accentué les tensions, en mettant directement en cause Raphaël Arnault ainsi que plusieurs colistiers de Mathilde Louvain.
Face à ces critiques, la candidate a souhaité recevoir InfoAvignon pour affirmer que ces attaques n’ont pas fragilisé son équipe. Au contraire, elles auraient renforcé la cohésion d’un collectif constitué de profils issus d’horizons militants, associatifs et professionnels variés, mobilisés depuis plusieurs mois autour de l’élaboration du programme municipal.
Un projet centré sur la participation citoyenne à Avignon
Le programme défendu par « La Nouvelle Avignon Populaire » s’articule autour de quatre axes : pouvoir citoyen, dignité sociale, vivre-ensemble et planification écologique. La liste revendique une approche politique structurée, privilégiant une transformation des modes de gouvernance locale autant que des politiques publiques elles-mêmes.
Parmi les propositions avancées figurent l’instauration de référendums locaux, la création de conseils de quartier dotés de budgets propres ou encore l’élargissement des dispositifs de participation citoyenne. Plusieurs mesures font l’objet d’estimations financières, notamment la modernisation de la cuisine centrale pour un montant annoncé de 16 millions d’euros, la création de médiateurs ou encore une brigade dédiée au logement.
Certaines réformes majeures, gratuité progressive des transports, accès partiellement gratuit à l’eau, extension du tramway ou création d’un centre médico-social municipal, restent toutefois sans cadrage budgétaire consolidé à ce stade, le déploiement étant envisagé sur plusieurs mandats.
Une réaction ferme après l’article de Marianne
Mathilde Louvain a vivement dénoncé le traitement médiatique dont sa liste estime avoir fait l’objet dans cet article. Selon elle, les personnes visées sont toutes des personnes « racisées » et potentiellement de confession musulmane, ce qu’elle interprète comme révélateur d’un biais raciste voire islamophobe.
La candidate rejette fermement les accusations de communautarisme et les comparaisons grotesques entre des animations de quartier militantes types barbecue ou château gonflable et des pratiques liées au narcotrafic. Soulignant que ces initiatives existent dans de nombreuses collectivités en France.
Les autres attaques personnelles ont toutes été démontées par Mathilde Louvain et par les principaux mis en cause. D’ailleurs, certains d’entre eux envisagent désormais des actions judiciaires, estimant avoir été salis, diffamés et injustement exposés publiquement.
Un fonctionnement revendiqué comme horizontal
Au-delà de la polémique, la liste tient à mettre en avant une méthode politique fondée sur le collectif et les valeurs républicaines.
Lors de cet échange avec l’équipe de campagne, la parole a circulé librement entre les colistiers qu’ils soient de la société civile et d’autres qui possèdent une expérience d’élu (Zinèbe Haddaoui, Eric Deshayes) et de chef de parti (Sabah Badji). Chacun venant exprimer un propos ou renforcer les interventions des autres. Une organisation horizontale que Mathilde Louvain présente comme centrale dans sa conception de l’action municipale.
Malgré les attaques et la pression médiatique, la stratégie demeure inchangée : éviter les confrontations directes sur les réseaux sociaux et poursuivre le travail de terrain afin de convaincre les électeurs avignonnais de la possibilité d’une alternative à gauche pour la gestion de la ville.
Jamil Zéribi
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