Le candidat socialiste David Fournier enregistre le soutien officiel de la maire sortante d’Avignon, Cécile Helle, dans la perspective des élections municipales. Une information révélée par La Provence, qui confirme une continuité politique attendue, les deux responsables étant issus du Parti socialiste.
David Fournier avait d’ailleurs indiqué dans la presse qu’il n’imaginait pas que Cécile Helle puisse soutenir un autre candidat qu’un socialiste. Sur le plan partisan, cette prise de position apparaît donc logique. Sur le plan électoral, elle soulève toutefois de nombreuses interrogations.

Un soutien qui colle une étiquette… et un bilan
À Avignon, le bilan municipal est devenu un point de crispation majeur. Propreté de la ville régulièrement dénoncée, circulation fortement dégradée par le plan Faubourgs, insécurité, commerces fragilisés, perte d’attractivité du centre-ville : ces griefs sont désormais installés dans le débat public.
Dans ce contexte, le soutien de Cécile Helle ne propulse pas David Fournier. Il le désigne. Désigné comme le candidat de la continuité. Désigné comme le candidat du bilan. Autrement dit, comme le point de convergence naturel de toutes les critiques accumulées depuis deux mandats.
Le précédent Philippe Pascal, un avertissement lourd
Ce ralliement réactive un souvenir politique embarrassant. En 2024, lors des élections législatives, Cécile Helle s’était déjà engagée pour « son » candidat, Philippe Pascal.
Résultat : 18,27 % au premier tour, une troisième place derrière le Rassemblement national (34,62 %) et le candidat du Nouveau Front populaire (24,76 %), sans qualification pour le second tour.
Un échec sans appel, qui a durablement fragilisé la majorité sortante et qui n’est probablement pas étranger au choix de Cécile Helle de ne pas briguer un nouveau mandat municipal. Autrement dit : son soutien ne fait plus gagner, et peut même exposer.
David Fournier enfermé dans la continuité
Pour David Fournier, l’équation est dangereuse.
Assumer l’héritage pour consolider un socle socialiste, tout en cherchant à convaincre un électorat de plus en plus critique vis-à-vis de la municipalité sortante. Une posture d’équilibriste, d’autant plus périlleuse que la demande de renouvellement semble progresser à Avignon.
À ce stade, le soutien de la maire sortante ressemble moins à un tremplin qu’à une assignation politique.
Des concurrents qui ont tout à y gagner
Ce positionnement fait objectivement les affaires des autres candidats :
Paul Roger Gontard, qui peut tenter d’incarner une continuité plus technocratique et moins idéologique ; Stéphan Fiori, qui capitalise sur le rejet des partis et des appareils ; Mathilde Louvain, libre d’attaquer frontalement le bilan sans ambiguïté ; Olivier Galzi, candidat sans étiquette penchant fortement à droite, susceptible de capter un électorat sensible aux thèmes de sécurité, d’ordre et de rupture avec la majorité sortante.
Tous disposent désormais d’un angle d’attaque simple et efficace : David Fournier comme héritier officiel d’un cycle politique contesté.
Le premier tour comme verdict
Ce soutien n’est ni neutre ni symbolique. Il engage pleinement David Fournier dans le bilan de Cécile Helle.
Au soir du premier tour, une seule lecture prévaudra :
ce ralliement aura-t-il permis de solidifier un socle électoral… ou aura-t-il définitivement transformé David Fournier en candidat d’un passé municipal que beaucoup d’Avignonnais semblent vouloir refermer ?
Jamil Zéribi
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