« Il y a six ans, deux candidats du même parti se présentaient sur deux listes différentes dans le Vaucluse pour contourner la loi sur la parité et éviter l’élection d’une femme pour représenter le Vaucluse au Sénat. Les temps ont bien changé et c’est tant mieux ! »
C’est par ce message publié sur Facebook qu’Olivier Galzi a choisi de réagir à l’annonce d’Anaïs Hausmann, sa compagne et candidate déclarée aux élections sénatoriales de septembre 2026, qui a annoncé la création prochaine du cercle « Femmes de Territoire ».
Le message se veut un plaidoyer pour la parité. Il constitue surtout une attaque politique en règle.
Car, sans les nommer, le maire d’Avignon vise deux sénateurs Les Républicains : Jean-Baptiste Blanc et Alain Milon. Mais au-delà des deux hommes, c’est aussi la stratégie retenue en 2020 par l’état-major des Républicains qui est mise en cause, puisque ces candidatures avaient été officiellement investies par le parti.
Rien que ça.
Deux poids lourds de la droite vauclusienne
Les deux élus ne sont pas exactement des inconnus de la vie publique.
Jean-Baptiste Blanc est engagé depuis plus de vingt-cinq ans dans la vie politique vauclusienne. Ancien élu à Cavaillon, conseiller départemental, ancien vice président du Conseil départemental, il est sénateur depuis 2020.
Alain Milon affiche un parcours tout aussi dense : maire de Sorgues pendant près d’un quart de siècle, sénateur depuis 2001, ancien président de la commission des Affaires sociales du Sénat, il est l’une des figures les plus expérimentées et respectées de la droite parlementaire.
Qu’on partage ou non leurs orientations politiques, difficile de nier leur efficacité et leur ancrage territorial.
Des soutiens d’hier aux adversaires du jour
Le plus étonnant reste peut-être ailleurs.
Lors du dernier grand meeting de campagne d’Olivier Galzi à Avignon, Jean-Baptiste Blanc figurait au premier rang des personnalités venues soutenir sa candidature à la mairie. Quelques mois plus tard, le voilà publiquement désigné comme l’incarnation d’une pratique politique que le maire dénonce désormais.
Les albums de campagne vieillissent parfois très vite.
L’union… à condition d’être deuxième
La lecture de cette séquence devient encore plus intéressante à la lumière des déclarations de Jean-Baptiste Blanc à La Provence il y a quelques semaines.
Le sénateur sortant affirme qu’avant cette passe d’armes publique, Olivier Galzi lui avait proposé une liste d’union… mais à une condition : accepter de se placer derrière Anaïs Hausmann.
« J’étais ouvert à une liste d’union mais il m’a proposé d’être deuxième, ce que je ne peux pas accepter en tant que sortant. Il n’a confiance qu’en madame », explique Jean-Baptiste Blanc.
Le sénateur refuse.
Quelques semaines plus tard, le voilà publiquement mis en cause, avec Alain Milon, pour une stratégie électorale remontant à six ans. Les négociations n’ont manifestement pas laissé que de bons souvenirs.
L’ironie est de taille. Au nom de la promotion de la place des femmes en politique, la candidature d’Anaïs Hausmann pourrait finalement fragiliser celle de Dominique Santoni, présidente du Conseil départemental, première femme à diriger cette institution et aujourd’hui la femme exerçant la plus haute responsabilité politique du Vaucluse.
Un paradoxe qui ne manquera pas d’alimenter le débat.
La politique selon Galzi
Depuis son arrivée à la tête de la mairie d’Avignon, Olivier Galzi semble installer une méthode.
Pendant les municipales, l’adversaire désigné était La France insoumise. Puis ce furent les socialistes, accusés d’avoir laissé une situation financière dégradée à la Ville.
Aujourd’hui, ce sont deux figures historiques de la droite vauclusienne qui se retrouvent dans son viseur. À chaque séquence, un nouvel adversaire.
Cette stratégie de confrontation permanente tranche avec la culture politique des sénatoriales, où les grands électeurs privilégient généralement l’efficacité opérationnelle, les relations de proximité et les fidélités construites au fil des années. Loin des selfies et des réseaux sociaux.
Une chose est sûre : en quelques mois seulement, Olivier Galzi est parvenu à ouvrir des fronts successifs contre LFI, le Parti socialiste… et désormais une partie de sa propre famille politique.
Pour un maire élu depuis peu, la performance mérite d’être soulignée.
Jamil Zéribi

